Alessandri, Ferrandi, Maranelli, Ottaviani et le policier Lobloblo

 

Mais qui sont ces gens là ? Vous êtes perdus, vous n’en pouvez plus de mes chroniques retardataires et de tous ces noms en i, vous en avez marre, vous êtes las, vous avez envie que cela cesse – ou au moins qu’on vous explique.

 

Voilà. Vous savez tout, c’est-à-dire rien.

 

Au procès, je m’ennuie un peu. Ils parlent tous de LA LETTRE, et je dois sans doute être la seule à m’en foutre superbement. « Dites donc, il est drôlement hargneux, le berger, c’est forcément lui le tueur, en plus il s’est enfui, vous me resservirez un ricard, prout ». S’ils lisaient les courriers que j’envoie régulièrement à la Poste qui m’a balancé un colis dans le hall qu’un voisin m’a volé (le colis, pas le hall), ils comprendraient ce qu’est un courrier hargneux, cette bande de pudibonds. Il avoue, dans la lettre ? NON : on s’en fout. S’ils la retiennent, je deviens indépendantiste.

Toute cette histoire de correspondance douteuse ne perturbe pas tellement mon voisin de banc, qui tente d’ouvrir l’emballage de ses bonbons à la myrte sans se faire admonester par un policier. C’est donc sur fond de crépitements de papier alu que le premier témoin vient à la barre. Il s’agit du policier Lobloblo, dont le patronyme n’est sans doute pas exact, mais je suis assise au fond de la salle, je n’entends rien. Si vous voulez de la précision journalistique, lisez Le Monde.

Le policier Lobloblo est venu nous parler des gardes à vue des membres du commando et de leurs épouses. Il décrit des hommes « calmes, détendus, sereins ». Une attitude tout à fait logique lorsqu’on a zigouillé un préfet et qu’on vient de se faire prendre. Selon lui, tout le monde était « satisfait de ses conditions de garde à vue ». Chacun a même mis un petit mot sur le livre d’or, et trois étoiles sur promovacances.com.

Mon voisin de banc, lui, a fini de manger ses bonbons à la myrte. Pour s’occuper, il lit tout ce que j’écris par-dessus mon épaule, ce qui me stresse assez.

Mais faisons preuve de flegme et revenons aux intéressés qui disent avoir subi des menaces et des coups. DES COUPS ? Mon dieu, mais quelle horreur, jamais de la vie, ça ne va pas la tête, on n’est pas en Iran ici, on est en FRANCE, Monsieur, patrie de Voltaire, de Montaigne et des droits de l’homme, parfaitement, s’offusque le policier Lobloblo. « Quel aurait été mon intérêt de les frapper ? », demande-t-il d’un air niais. BEN A TON AVIS, GROSSE NOUILLE ? On lui rappelle que Marcel Istria a eu le tympan crevé après qu’on lui ait frappé la tête contre un mur. « Oui, mais avec les autres, ça s’est bien passé » tempère Lobloblo.

Alors, qui croire ? Et s’ils n’ont effectivement subi aucune pression, pourquoi avoir balancé des noms ? Personne ne pose les bonnes questions et le juge est complètement amorphe. Je suis sûre qu’il est pour la légalisation du cannabis, cette espèce de hippie en hermine – mais il demeure tout de même moins détestable que le juge Wacogne, qui a fait acquitter les responsables de l’affaire de l’hormone de croissance ; mais bon ça n’avait tué que des gueux donc ce n’est pas très grave. Moi, le procès, je te le torche en dix jours. Mon voisin de banc lit toujours ce que j’écris, et il pouffe. Je crois qu’il va devenir mon public-test.

Il finit par chuchoter « vous n’êtes pas journaliste, quand même ? ». NON, mais tu peux quand même me donner un bonbon à la myrte. Et puis comme si les journalistes étaient tous sérieux. Dupont Soufflant, si ça se trouve, il dessine des petits chats sur son carnet.

Le policier Lobloblo nous parle ensuite du déroulement de l’enquête, menée à la fois par Bernard Bonnet et par Roger Marion. Je n’arrive pas à déterminer ce qui est le plus aberrant : la malhonnêteté des membres du commando, ou bien le fait que Roger Marion et Bernard Bonnet soient ici les garants de l’ordre moral.

Il en arrive finalement aux éléments qui ont permis de confondre les membres du commando : les écoutes téléphoniques. Tiens, d’ailleurs, où diable sont-elles passées ? Monsieur Lobloblo nous informe que le responsable était un « technicien autodidacte ». Ah, ben voilà. Mystère résolu.

Le policier Lobloblo nous quitte sur cet exploit et est succédé à la barre par le chef de la DNAT le plus soporifique que je n’aie jamais rencontré. Et j’en ai rencontré beaucoup. Il nous récite le règlement des procédures de gardes à vue, avec plein de mots abscons. Soudain, il marque une pause. « Je vais réitérer mes propos ». Pitié, non.

Alors qu’il réitère et pour éviter que je ne m’endorme comme un sac sur mon banc, revenons sur LA LETTRE et sur votre futur crime parfait. D’après mon analyse, voici un exemple type de ce qu’il faut faire et ne pas faire en matière de missive envoyée à un supposé complice et témoin à la barre :

 

Voilà.

Le chef de la DNAT s’en est allé réitérer ses propos vers d’autres horizons et cède sa place à la barre à Jeanne, l’ex-épouse d’Alain Ferrandi, aussi sympathique que son psychopathe de mari. D’abord, elle avait refusé de venir, parce qu’elle n’avait pas très envie. Finalement, ils lui ont un peu forcé la main, et elle a daigné se déplacer, maquillée à la truelle pour l’occasion. Toujours aussi joviale, elle répète qu’elle n’a rien à dire parce qu’elle n’a rien à déclarer, et refuse d’accuser ou d’innocenter Colonna, parce qu’elle aime bien voir les gens souffrir. Les sociopathes se ressemblent et s’assemblent – faites-moi penser à supprimer ce paragraphe le jour où Alain Ferrandi sortira de prison, hein, on ne sait jamais.

D’ailleurs, puisqu’on parle de femmes perfides, jetons un œil au JT de Laurence Ferrari.

« Les contribuables apprécieront ».

A part ça, j’ai pris la résolution de ne plus parler de DSK ou de Béachelle. Ça m’irrite les chromosomes X.

 

 

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