De l’art culinaire


A vaincre sans péril, on évite les ennuis.

René Goscinny.

 

Ce n’est pas une question de féminisme, mais je n’ai jamais été douée pour les taches ménagères.

La première fois que j’ai fait le ménage, croyant avec candeur que le sol se lavait à la manière de la Cendrillon de Walt Disney, j’ai inondé la cuisine en lançant des seaux d’eau par terre. Grâce au ciel, Maman était là pour m’aider à éponger.

Cependant, lorsque j’ai quitté le lycée, donc la Corse, et par conséquent Maman, il a bien fallu que je survive seule. Ma première priorité fut de me nourrir.

Je décidai avec courage et aplomb de cuisiner du porc au caramel, accompagné de riz issu du commerce équitable, que j’avais payé le double du prix par simple conviction idéologique. Alors que je m’apprêtais à verser le riz dans ma jolie casserole IKEA, un commando de grains de riz kamikazes endoctrinés par des paysans sud-coréens proches d’Al Qu Aïda me sautèrent au visage. Suite à cette attaque, ils se dispersèrent sur l’ensemble du territoire de mon appartement afin d’échapper à mon éventuelle riposte.

Qu’à cela ne tienne. J’avais perdu une bataille, pas la guerre. Je pris alors la décision de faire cuire le porc au caramel, au bain marie, puisque, dans un élan écologiste, j’avais refusé que l’on m’offre un micro ondes.

L’opération « Bain Marie » a échoué après que je me sois tordue de faim pendant vingt minutes (le temps que l’eau chauffe sans bouillir) et que je me sois ébouillanté l’index de la main gauche, tout ça pour que mon porc reste froid.

Pour couronner le tout, pendant l’opération « Egouttage », une partie du riz terroriste s’est évadé par les trous de ma passoire IKEA, qui étaient plus grands que les grains. J’en ai conclu, peut-être trop hâtivement, qu’en Suède les grains de riz étaient plus gros, ou bien que les designers Suédois étaient complètement stupides.

Aussi furieuse qu’une ménade, je jetai violement le porc et la passoire dans ma poubelle, oui, IKEA toujours. Mais qu’avais-je fait ! J’eus droit aux représailles : mon éponge, tombée aux mains de l’ennemi, oui, ma fidèle éponge avec qui je nettoyais mes assiettes avec entrain ! Elle me brûla la main après avoir trempé dans le Styx, cette eau diabolique bouillonnant dans ma casserole. Après consultation de sa carte d’identité, je constatais avec effroi qu’elle était originaire de Chine, et qu’en plus, son côté gratounette était rouge. J’aurais du me méfier plus tôt.

Bilan de ma crise Sino culinaire : trois grains de riz maîtrisés, le reste caché sournoisement partout chez moi, un procès avec le concepteur de passoires IKEA, un doigt chaud et du porc froid.

Conclusion : Au vu de mon brillant combat contre le terrorisme, je pense avoir la carrure nécessaire pour me présenter à la présidence des Etats-Unis.

 

Atelier cuisine.

 

 

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