Princesses, cornichons et indécisions professionnelles.

Qui suis-je ? Où vais-je ? Y a t-il une vie après la mort ? Dieu existe-il ? Pourquoi les tartines tombent-elles toujours du côté de la confiture ? Pourquoi ne dit on pas une volante souris plutôt qu’une chauve souris ? Pourquoi les asiatiques ont-ils les yeux bridés ? Un mille patte dispose-t-il véritablement de mille pattes ? Pourquoi ne pas dire un « point rond » ? Comment peut-il faire chaud dans un igloo ? A quoi Dieu pensait-il en inventant le fugu (poisson pour le moins étrange – voir notre document) ? Outre l’agacement qu’ils produisent chez les humains, les moustiques ont-il véritablement un rôle dans la chaîne alimentaire ? Une baleine peut-elle accidentellement gober un plongeur ? Pourquoi les garçons sont-ils tous aussi méchants ? Pourquoi, pendant les soldes, y a t-il toutes les tailles, exceptée la mienne ? Pourquoi ai-je irrémédiablement les cheveux plats ?

 

Notre document.

 

Nombre de questions universelles et intemporelles sur lesquelles tout humain s’est penché à un moment donné de son existence. (Non ? Non. Bon.)

Pour ma part, après m’être longuement demandé sur quel arbre poussaient les cornichons – je pressens vos railleries. Vous savez où poussent les cornichons, peut-être ? – je me suis attelée à une interrogation tout autre : que faire ?

Oui, que faire lorsqu’on est à la fois ambitieux et paresseux ? Comment conjuguer ces deux traits de caractère pour le moins opposés ? (NDLR : C’est un peu comme être un salarié de la poste et avoir le goût de l’effort : c’est difficilement compatible).

Je suis désormais détentrice d’une double licence de Lettres & Arts et d’Anthropologie – cette phrase n’a aucune utilité sinon celle de me la péter- et je ne sais toujours pas à quel métier me destiner.

 

°°°°°

 

J’ai tout d’abord songé à revenir sur l’idée de base : les rêves d’enfance.

Pour ce faire, j’ai répertorié tous les métiers que j’avais envisagés avant mes 12 ans :

astronaute, archéologue, princesse, sorcière, sirène et Spice Girl.

Mon projet spatial se voit remis en cause par ma claustrophobie, ma peur de l’infiniment grand –car oui, lorsqu’on a ce type de phobie, l’espace n’est pas le lieu de travail idéal- et, surtout, par ma déficience pour le moins avérée en sciences physiques.

Après avoir vainement tenté de prouver à mon professeur – Madame Bruno, si vous me lisez– à travers diverses démonstrations, que les objets lourds tombaient plus vite que les objets légers, j’ai décidé de sculpter des caniches avec les atomes en plastique et de réaliser une fondue savoyarde en faisant cuire le gruyère de la cantine dans une éprouvette.

Enfin bref. J’étais nulle, quoi. Soyons honnêtes, 0.5 de moyenne en classe de première, on a quand même vu mieux dans les annales de l’aérospatial.

 

Ma vocation archéologique, quant à elle, se voit contrariée par mes ambitions salariales. Creuser des hectares à la brosse à dents pour trouver un vase étrusque – rarement en l’état, faut-il le rappeler – c’est chouette ; pour le SMIC, ça l’est moins.

Du coup, je joue à Tomb Raider et j’achète mes vases chez Ikea, c’est peut être moins romantique, mais c’est nettement plus pratique.

En revanche, le métier de princesse me convient pleinement. Le prince William tout autant.

Je me prépare donc à la venue imminente du yacht de la famille royale dans mon petit port corse, mais si l’on suit ma théorie selon laquelle le degré de crétinerie d’un plaisancier est proportionnel à la taille de son bateau –gardons en mémoire que les croisières d’un certain Nicolas S. ne s’effectuent pas en pédalo- je l’ai dans le baba, pour ne pas être vulgaire.

D’autre part, j’ai renoncé à être sirène le jour où l’on m’a expliqué ce qu’était un requin.

La profession de Spice Girl s’avérant trop physique et les diplômes de sorcellerie n’étant pas reconnus par l’Etat, je me suis finalement vue dans l’obligation d’écarter la piste des rêves d’enfance.

 

°°°°°

 

J’ai alors pris l’initiative de m’entretenir avec une conseillère d’orientation.

Je hais les conseillères d’orientation. Je les hais au moins autant que les secrétaires d’université, les professeurs d’art et les personnels respectifs de Cegetel, d’Air France, de France Telecom et de la Poste. Et si ce dernier rendez-vous m’a bien appris une chose, c’est que ma haine était fondée.

Je m’y suis entendue dire que le Cinéma, c’était chouette, mais qu’il fallait que je recherche des formations sur Internet –saperlipopette. Mon angoisse s’accentuant au fur et à mesure que mon interlocutrice déblatérai des âneries, j’ai été considérée comme trop stressée et invitée à suivre une psychanalyse.

Je m’en suis donc allée – toujours désœuvrée, et officiellement folle- rechercher un métier sur Google.

Après quelques heures passées à lire, avec une motivation exacerbée, les plaquettes pédagogiques de diverses universités et écoles, j’ai trouvé le Master adéquat … à 6 660 € l’année. Soit 13 320 € le Master – sécurité sociale non comprise.

Après la culture du cornichon et l’avenir professionnel, me voilà face à une nouvelle interrogation.

Folle et endettée, folle et désoeuvrée : que choisir ?

Alors bon.

Si vous avez des suggestions de métiers à me faire, je vous saurai grée de me les soumettre.

Moi, j’attends le prince William.

 

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