Le mariage de mon cul

 

Vous n’avez évidement pas échappé à cette connerie de mariage princier, qui a été au moins aussi intrusif dans nos vies qu’une coupe du monde de foot, en aussi chiant ; mais avec des robes, tout de même.

Nous avons été les malheureuses victimes d’un tsunami de chiasse de guimauve. Nous ne nous y attendions pas. Nous n’étions pas préparés. Nous supputions un mariage people de plus, qui inonderait uniquement la presse adéquate sous la délicate plume de Stéphane Bern. Mais nous avons été harcelés jusqu’aux JT, jusqu’aux sites sérieux d’actualité, jusque dans nos bras, égorger nos fils et nos compagnes.

C’est assez, il suffit : je me dois d’agir. Même si le sujet n’est plus d’actualité depuis deux bonnes semaines. De toute manière, vous êtes deux lecteurs, vous n’allez pas commencer à m’emmerder. Pour mon premier nouvel article, vous aurez donc droit à une complainte contre la monarchie.

 

 

Et qu’on ne me parle pas de jalousie : j’ai eu, il est vrai, un passé sentimental avec William ; mais à l’époque il avait moins de dents et plus de cheveux. Depuis, Harry a pris la tête du classement des princes les plus affriolants – Harry qui est, je vous le rappelle, le cadet tout rouge aux yeux rapprochés de William. C’est dire. Je reconnais toutefois ressentir une terrible amertume à la vue des cheveux de Kate, me rappelant avec cruauté la misérable platitude de mon patrimoine capillaire.

Parce que si les rois ont le cheveu agonisant (coucou Albert), ce n’est pas le cas des reines et princesses. Les reines et princesses ont du volume, en plus d’avoir des vies de grosses feignasses. Ce qui nous amène au point suivant : Marie-Antoinette. (Si vous cherchez une transition, il n’y en a pas. Ça fait vingt minutes que j’en cherche une et je n’ai trouvé aucune idée potable ; mais après tout pourquoi les transitions, est-ce vraiment utile, hein).

Marie-Antoinette, disais-je donc. Depuis qu’elle a été réactualisée en it-girl, tout le monde la trouve formidable. Elle feuillette Vogue, écoute de la musique hype et s’asperge de Miss Dior Chérie en gloussant comme une poule – et pas comme une dinde, car la dinde ne glousse pas, la dinde glougloute, sachez-le. On dira ce qu’on veut de ces vétilles, ça reste toujours plus glam qu’un biopic sur Louise Michel, qui était mal sapée et mal peignée.

 

Depuis que je suis chroniqueuse mode, je gère.

 

Et le peuple qui crève de faim pendant que cette conne d’Autrichienne se gave de macarons Ladurée, tout le monde s’en fout ? Bande d’ingrats. N’avez-vous jamais regardé Robin des Bois ? N’en avez-vous tiré aucun enseignement ? N’éprouvez-vous donc aucun pincement au cœur à la vue de cette famille de lapins mignons, taxés jusqu’à la moelle par une monarchie féroce et vampirique ?

 

Il y a même des petites souris anorexiques, c’est trop affreux.

 

On s’en fout des rois, on s’en cague, qu’on leur coupe la tête et qu’on me greffe les cheveux de Kate. (C’est la conclusion de mon essai contre la monarchie : bref, incisif, limpide).

Pendant que ces deux potiches se mariaient, lasse de digresser sur la grandeur majuscule de la Révolution, de la Démocratie et de la République, j’emmenais mon fils, Petit Chat Anonyme, se faire pucer chez le vétérinaire.

J’adore aller chez le vétérinaire. Je lui pose plein de questions, et il me considère d’un air atterré. Après l’avoir interrogé sur la probabilité qu’une baleine gobe accidentellement un plongeur – cette question m’obsède – je lui demandais s’il pouvait greffer une puce à géolocalisation par satellite à mon fils au cas où il se perde, ainsi qu’à moi-même au cas où je me fasse kidnapper, car je compte me mettre à courir afin d’exterminer la surpopulation de capitons ayant investi mon cul ; et qu’il ne fait pas bon, en ces temps propices aux serial killers récidivistes galopants et incontrôlés, d’être joggeuse en région parisienne.

Il m’a répondu que mon chat atteignait le seuil des 30% d’obésité, et n’osa pas me dire que moi aussi. Tant pis pour le jogging, mes baskets végèteront deux ans de plus au fond de mon placard. Nous noterons tout de même que le prince William possède une puce à géolocalisation via satellite, LUI. Encore un privilège réservé à la noblesse dégarnie et macrodonte, poil à la guillotine.

Je rentrais donc chez moi, dépitée. Mais alors que j’errais sur le web en quête d’un régime pour loques féline et humaine, j’ai de nouveau été assiégée par le bilan en photos de ce mariage de merde, et finalement trouvé un intérêt à cette infâme cucuterie, ainsi qu’une chute à mon article :

Si, c’est une chute.

 

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