vacances à Paris de Miss Catastrophe (Mère et Fille) Partie 2/2

 

JOUR 3 – Jeudi 27 juillet 2006

Visite du centre commercial de la Défense, où l’on ne trouve que des vêtements pour mères de famille obèses aux goûts douteux. N’y allez jamais, excepté si vous êtes une mère de famille obèse aux goûts douteux.

S’ensuivront une visite aux galeries Lafayette- où les articles soldés sont plus chers que les mêmes articles non soldés dans le reste de la Franc – et quelques errances dans le métro (Mais, les stations défilent dans le désordre, comme c’est curieux…)

Le point positif de cette journée est activement recherché.

JOUR 4 – Vendredi 28 juillet 2006

Pour nous consoler de notre déception de la veille, Jean-Pierre nous a emmenées faire du shopping.

C’était la première fois qu’il faisait du shopping avec moi.

Je pense que ce sera la dernière.

Effectivement, je suis de nature plutôt chiante au quotidien, mais cet aspect de ma personnalité prend une importance considérable lorsque je me trouve dans un magasin.

Episode N°1 : La boutique Swatch.

Situation : j’hésite entre plusieurs bagues.

Moi : Hum j’hésite. (Il est vivement conseillé de fuir dès ce moment précis). J’aime bien la rouge et la bleue. Je peux les essayer ? Oh les deux sont bien, vous préférez laquelle ? Je sais pas trop… Oh elle est jolie la carrée, je peux l’essayer ? Oh je sais pas, celle la aussi elle me plait, tiens j’avais pas vu celle avec les fleurs, oh lalala comment je vais faire, je les aime bien toutes pfffffffffffff j’hésite. Je peux essayer celle avec les ronds ? Bon je prends laquelle ? Aidez moi à choisir, pitié. Bon ok j’en prends deux. Oui, mais lesquelles ? Alors, c’est sur, je prend la rouge. Et la deuxième ? A moins que je prenne la bleue et celle avec les ronds. Et la taille, vous avez quoi comme taille ? 5 et 6 ? Je prends 5 ou 6 ? Parce que le 5 me va à l’annulaire et le 6 au majeur. Alors j’en prends une en 5 et une en 6. La rouge en 5 et celle avec les ronds en 6. Ou l’inverse. A moins que je prenne la bleue en 5 et celle avec les carrés en 6. Ou l’inverse. Bon c’est sur, je prend la bleue en 5. Quoique, je sais pas. Vous en pensez quoi ? Vous voulez pas m’aider ? pffffffffffffffffffff je sais pas quoi choisir…

Bon, il faut avouer que le vendeur ne m’a pas aidée. Une fois que j’avais définitivement choisi la rouge, il m’a avoué qu’il préférait la bleue, ce qui a eu pour conséquence que Maman et Jean-Pierre l’ont traité de malade masochiste inconscient.

Finalement, j’ai pris la rouge et celle avec les ronds.

Episode N°2 : La boutique Noa Noa.

Situation : j’hésite entre deux chapeaux.

Moi : Oh il est beau le grand noir, et le petit aussi. Lequel je prends ? (Silence accentuant le degré d’angoisse, palpable dans la pièce.)

J’hésite.

Maman et Jean-Pierre, en chœur : Oh putain.

Moi : Le grand me va un peu large, vous n’avez pas la taille en dessous ? Non ? Oh ben je sais pas alors. J’aime bien le grand. Et le petit aussi. Lequel vous préférez ? Moi j’aime bien les deux. Bon déjà, c’est sur, je prends le grand. Alors est ce que je prends aussi le petit ? Pffff je sais pas, j’ai déjà acheté deux bagues…Non, le grand me va trop large, donc je prends le petit, mais le grand, je le prends ou pas ? Ohlalala j’hésite. Etc.

Bon, au final, j’ai pris les deux et je suis pauvre.

Jean Pierre nous a alors emmenées visiter une église, afin que je ne puisse plus rien acheter. Et pas n’importe quelle église, celle de saint Sulpice, lectrice du Da Vinci Code oblige.

Malheureusement, ils ne m’ont pas laissée creuser dans la salle; alors que je n’ai même pas pu déterrer Marie-Madeleine sous la pyramide du Louvre, quel cruel manque de curiosité.

Finalement, Jean-Pierre s’est débarrassé de nous, enfin ; et de moi, surtout, pour nous expédier au concert des Rolling Stones.

Je vous avoue que je craignais le pire. Un tsunami, l’Apocalypse, la peste noire, une invasion de criquets.

C’était mal parti : un concert déjà reporté, un guitariste plus ou moins rétabli de sa chute d’un cocotier, mon autre cousin, Patrick, n’étant pas au point de rendez vous mais dans son bain (il est pire que moi- si, ça existe.), le ciel orageux, une heure d’embouteillages sur la route du stade de France, et les toilettes les plus sales du monde (Je ne me croyais pas capable d’ouvrir une porte avec mon pied. L’instinct de survie, sans doute). Et là, surprise, béatitude et stupéfaction, c’était supergénialmégachouettehypertropbien.

Bon, on a quand même raté la première partie.  Mais à quoi sert la première partie, sinon à tranquillement manger son sandwich pré-concert ?

 

Bilan de mon séjour parisien :

Air France, c’est des sales voleurs tous pourris qui puent.

Les verrous de WC, ça se ferme souvent mais ça ne s’ouvre pas à tous les coups.

Le père Lachaise, c’est trop grand et ça ferme trop tôt.

Le personnel du Louvre interdit formellement de chercher le corps de Marie-Madeleine. Surtout si vous vous servez d’une pioche.

La Défense, c’est nul.

Il est vivement conseillé de prendre le métro dans le bon sens.

Le personnel de l’église Saint-Sulpice est au moins aussi réticente à l’usage des pioches dans son établissement que celui du Louvre.

Paris est une énorme pompe à fric (des micros cocas à 4 euros les 20 cl, des débardeurs petit bateau 5 euros plus chers que dans le reste du monde, obligation de consommer une boisson si l’on veut consommer un gâteau sur place- gâteau qui est lui-même plus cher s’il est consommé sur place…)

Je suis extrêmement pénible, surtout lorsque je fais les boutiques.

Les Stones, cétrobien.

 

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