Le sort de la poisse.

 

Il y a un an, j’emménageai à Paris et suivais un stage dont je pense voir suffisamment geint dans ce blog, qui a rendu irréversible mon aversion au monde du travail et a définitivement réduit à néant ma foi en l’espèce humaine.

A défaut de susciter une quelconque vocation, il a révélé chez moi une profonde addiction à facebook et ses tests crétins. C’est de cette manière que j’ai appris que si j’étais une princesse Disney, je serai Pocahontas, que le Monsieur Bonhomme qui me ressemblait le plus était Madame Bavarde, qu’il ne me restait que 56 ans à vivre, que dans une vie antérieure, j’étais un chat, et – j’y viens- que pesait sur moi « le sort de la poisse ».

Quelle surprise.

Le fait est que ce dernier quizz – aussi peu mystique soit-il – m’a amenée à considérer sous un jour nouveau les récents évènements survenus dans mon quotidien.

Tout a commencé cet été.

J’ai commandé une robe sur La Redoute, qui est arrivée à Paris alors que j’étais en Corse, que j’ai recommandée, qui est arrivée une taille au dessus, que j’ai recommandée, qui est arrivée d’une couleur différente, que j’ai recommandée, qui n’est jamais arrivée.

Peu après ce deuil vestimentaire, j’ai dû quitter piscinette chérie pour passer un examen de rattrapage à Paris – car lorsque vous choisissez de rendre votre mémoire en septembre, vous devez repasser les matières où vous n’avez pas eu la moyenne, chose dont on vous informe généralement aux alentours du 2 septembre. J’avais eu un 9, j’ai donc fait l’aller-retour, ce qui m’a coûté 200 euros le point. J’ai de nouveau eu 9.

Après quelques semaines de ruminage et de médisances sur la prof – cette vieille salope – je suis retournée à Paris. Enfin. J’ai tenté.

Le carburant de l’avion étant « inutilisable », nous avons dû faire escale à Nice, pour un total de 4heures de vol – sans sandwich, mais dois-je vraiment le mentionner ?

C’est à près de minuit que je suis arrivée devant mon porche, avec mon excédent bagage de 15 kilos.

Vous croyiez que c’était fini ? Moi aussi.

C’est avec un mélange de résignation et de désespoir que je me suis aperçue que le code d’entrée de l’immeuble avait été changé pendant mon absence.

Décidant fermement de contrer la poisse par ma seule volonté, j’ai tour à tour appelé la police, hurlé, simulé un malaise, donné des coups de pieds dans la porte, et finalement jeté un briquet sur le volet d’un appartement éclairé.

Et c’est avec un mélange de haine et d’abomination que je me suis aperçue que les voisins sont des créatures tout à fait méprisables.

La lumière s’est soudainement éteinte, j’ai entendu la fenêtre s’ouvrir, j’ai expliqué ma situation, j’ai entendu la fenêtre se refermer : ma connasse de voisine a disparu dans les profondeurs de son appartement de vieille bique jusqu’à ce que je l’en fasse émerger, le lendemain, pour lui exprimer toute ma gratitude, avec toute la courtoisie que la situation requérait, vous pensez bien.

Suite à cette mésaventure, j’ai jugé qu’il était indubitablement plus sage de m’enfermer chez moi, et de jouer à Tomb Raider – jeu vidéo que j’adule depuis mes 11 ans, et dont chaque sortie de nouvel opus me rend quelque peu hystérique.

Comment vous amener ça. Deux jours avant la sortie du jeu, j’ai appris qu’il était repoussé de deux mois sur Playstation 2 – j’ai uniquement la PS2. Evidemment.

J’ai alors entrepris de mettre mon PC d’actualité en acquérant une nouvelle carte graphique. Je me permets de faire une ellipse sur l’épisode des vendeurs chinois de Montgallet – « ah ben il faut changer le pc, on en a des très bien à 350 euros / si vous changez la carte graphique, il faut changer le processeur, ça coûte 700 euros, et autres innombrables yàng fèn-  fàng pi – pi yan, dont je n’ai pas saisi la signification, mais qui devaient très certainement m’inciter à la consommation, alors qu’ils mangent du chien, faut pas déconner.

J’ai finalement atterri chez Surcouf. J’en ai eu pour 50 euros. En déduire que les chinois de Montgallet sont des escrocs est un raccourci que je prends sans aucune réserve.

Bref. Moult vissages plus tard, je rebranche mon pc, et ne rebranche pas l’écran, parce que je viens de m’apercevoir que la prise est cassée, et que le câble n’est pas indépendant.

Un nouvel écran et 150 euros plus tard, je presse le bouton de démarrage. Le logo windows apparaît.

A l’heure où je vous parle, le logo est toujours là, figé, depuis une semaine. D’après plusieurs diagnostics, ma carte graphique était déjà grillée avant même que je ne l’installe. J’ai raté mon train, et le bouchon de mon pot de poivre vient d’exploser précisément au dessus de ma crêpe aux St Jacques Picard.

Je suis lassée.

 

Partager :
  • Print
  • Facebook
  • Google Bookmarks
  • email
  • MySpace
  • RSS
  • Twitter

Les commentaires sont fermés.

ClicAnimaux.com - Cliquer pour Donner